Comment devons-nous vivre nos émotions?

Je pense que lorsque nous sentons une émotion, il est sain d’en être conscient, de l’accueillir et de se laisser traverser par elle. Il a été prouvé que si une émotion est vécue complètement et totalement à l’état brut, elle ne dure pas plus de 2-3 minutes aussi insoutenable qu’elle puisse être. Une émotion vient et s’en va comme une vague … comme les pensées qui viennent et s’en vont, à condition qu’on ne les retienne pas.  
C’est la résistance à l’émotion, qui fait qu’elle dure plus longtemps et qu’elle ne nous lâche pas. C’est quand notre mental analyse « l’histoire qui vient d’arriver » avec tous les filtres de perception de notre vécu, nos croyances et notre vision du monde, que ces émotions s’amplifient et peuvent nous submerger. Elles peuvent réveiller en nous de vieilles émotions réprimées et s’amplifier les unes avec les autres.

Il est aussi important d accueillir nos émotions, car elles sont des signaux que notre corps manifestent. Une émotion est en fait un indicateur, qui vient signaler que dans la situation en question il y a un besoin qui est en manque ou en excès. Il indique qu’il y a peut-être une action qu’il faut mettre en place pour rééquilibrer le besoin.

C’est comme un voyant lumineux sur le tableau de bord de votre voiture. Si le voyant du moteur s’allume, qu’allez-vous faire ? Débrancher les fils pour ne pas voir le voyant rouge ? Si vous le faites tôt ou tard, vous allez tomber en panne.

Reconnaitre nos émotions en conscience, nous questionner sur les vrais besoins sous-jacents, nous permet alors de prendre les bonnes actions. Car, si nous ne sommes pas conscients des besoins en jeu, nous risquons de réagir d’une manière inadaptée. Pour illustrer ceci voici l’histoire d’une personne ressentant un mal-être, cet état étant trop inconfortable, elle va le compenser par exemple en dévorant une tablette de chocolat.  L’action ici est venue soulager l’émotion, mais n’a pas rééquilibré le besoin… qui était peut-être de d’oser dire ce qu’elle pense, et de se faire respecter.
Elle a « agit sur son émotion » mais n’a pas rééquilibré son besoin à la base. Son émotion de mal-être se représentera à la prochaine occasion.

Écouter ses émotions et ses besoins … c’est grandir en conscience, c’est prendre soin de sa vie, et la rendre plus belle !

 

Est-ce dangereux de refouler une émotion ? 

Oui personnellement je pense que refouler une émotion est dangereux. Les scientifiques ont prouvé que refouler nos émotions créent des mémoires cellulaires, pouvant générer plus tard des maladies.
 Apparemment, quand une émotion forte est ressentie dans le corps, il se passe  une réaction biochimique qui, et en quelque sorte se « consume »  naturellement dans le fait de vivre l’émotion. Quand par contre l’émotion est bloquée, niée ou réprimée, cette substance n’est pas évacuée normalement et va venir s’incruster dans certaines cellules de notre corps, créant ces fameuses « mémoires cellulaires ».

Nous savons que nos cellules se renouvellent régulièrement dans notre corps, celles des yeux en 2 jours, la peau en 3 semaines, le foie en 6 semaines, et après un an, à peut prêt toutes les cellules de notre corps sont renouvelées. Alors me demanderez-vous comment se fait-il que les maladies persistent ?

Et bien, les cellules mourantes transfèrent les mémoires cellulaires aux suivantes ! C’est pourquoi, je recommande d’accueillir le plus possibles nos émotions quand elles se présentent. Elles sont nos amies, elles sont comme des soupapes de sécurité même si elles sont inconfortables.

Devons-nous toujours écouter nos émotions au dépend de notre raison ?

Lorsque nous ressentons de la joie, du bonheur  … nous posons-nous la question si cela est raisonnable et bien approprié ? Nous la ressentons, un point c’est tout. C’est quand les émotions deviennent désagréables telle qu’avec la colère, là … ça devient tabou ! Le problème c’est que nous confondons émotions et réactions. 

Comme je disais précédemment, une émotion est le signal d’un besoin en déséquilibre. Il est influencé par plusieurs facteurs … nos croyances personnelles, familiales, culturelles, notre vécu, nos habitudes … Ce n’est pas l’émotion qui est un problème, c’est comment nous l’interprétons, la vivons et réagissons.

Sentir la colère en nous, la laisser se consumer complètement, sans l’analyser, sans la juger et y attacher des significations diverses et sans bouger, pendant quelques minutes est bénéfique et ne fait du mal à personne. Ce qui est néfaste, c’est crier où taper sur l’autre pour « calmer l’émotion ».  Vous remarquerez souvent, que la colère (consciente ou inconsciente) était là avant l’acte de l’interlocuteur, et que ce dernier n’était en fait, que le déclencheur.
Après la furie intérieure passée, il est bon de s’interroger sur le besoin qui est en déséquilibre et de d’agir en conséquence.

Que peut nous apporter un travail sur nos émotions ?

Travailler sur nos émotions me semble apporter beaucoup d’avantages car dans nos cultures et notre éducation, peu ont été habitués à exprimer ses émotions, à écouter ses besoins, à être clair avec soi-même, à se respecter inconditionnellement et oser faire respecter son intégrité.

Qui n’a pas depuis la tendre enfance ressenti blâmes, injustices, trahisons, abandon, tristesses, rancunes, etc qui ont profondément blessé l’être intérieur, mais qui a dû les avaler sans avoir jamais pu les exprimer ?
Pour moi, le travail sur mes émotions m’a permis de découvrir un état de clarté, de paix intérieure, de connexion avec avec la vraie moi. Il en a résulté  une toute autre façon de vivre les choses, une dimension plus vaste de joie et de bonheur que j’ai envie de partager.
Le travail permet une conscience plus affinée, une envie de se défaire petit à petit de ce qui n’a plus lieu d’être : croyances limitantes, peurs, messages contraignants, et de tout ce qui nous bloquent. C’est nettoyer les mémoires cellulaires du passé, afin de les transmuter. C’est oser être. C’est faire la paix avec soi et les autres, c’est apprendre à s’aimer et aimer inconditionnellement. C’est apprendre à prendre soin de soi d’abord, afin de mieux aider les autres ensuite. (C’est comme dans l’avion, en cas de trou d’air, lorsque les masques à oxygène sont présentés, les adultes doivent les mettre en priorités avant de s’occuper des enfants. Faire le contraire met en péril toute la famille. )
Je ne peux que recommander le  travail sur nos émotions afin d’oser s’ouvrir à la vraie dimension de qui nous sommes tous ! Osons aller exposer le diamant rayonnant qui est en chacun de nous … et osons être contagieux !

 

Mirella Oss-Buck   Article publié dans la revue Recto-Verseau de décembre 2015

 

 


 

Et si nous laissions simplement nos émotions nous traverser ....?