Changer ... c'est possible!

Si nous observons la nature au fil des saisons, le corps humain de la naissance à la mort, le temps qui passe, les modes, les civilisations… nous constatons que tout est en perpétuel mouvement, tout change et tout se transforme. Lorsque les choses vont bien dans notre vie, nous aimerions parfois faire un « arrêt sur image » pour garder et savourer ce moment. Paradoxalement, parfois, quand les choses vont mal, nous restons figés là, à subir. Dans un cas comme dans l’autre, nous résistons au cours normal de la vie et ceci génère justement de la souffrance. Accepter ce qui est est un point de départ, nous avons alors le choix d’agir sur le cours de notre histoire pour changer ce qui ne nous convient pas.

Nous changeons parfois inconsciemment, par la force des choses qui se présentent à nous ; et puis nous pouvons aussi changer consciemment, quand nous réalisons que nous allons à l’encontre de nos valeurs. Quoi qu’il en soit, je suis intimement convaincue que changer nous fait évoluer dans la vie. Les bénéfices ne se voient pas toujours immédiatement, mais c’est avec le temps qu’assurément nous pouvons les constater.

À 21 ans, mes relations familiales étaient difficiles, je vivais seule, sans compagnon, mes amies d’école avaient pris le large. Je venais d’être engagée comme secrétaire dans un bureau d’avocats, ça ne se passait pas bien avec mes supérieurs, mes collègues étaient distantes et ne m’apportaient aucune aide. Manque de chance, une coupe de cheveux ratée fit que je ne me reconnaissais plus dans la glace. Bref, je me sentais de plus en plus mal. Un mois plus tard, je fus licenciée et je me sentis perdre tous mes repères. Je retrouvai un emploi dans une société d’import-export, mais, une semaine plus tard, j’eus un accident de voiture qui me fit perdre la mémoire ! J’étais amnésique alors que je commençais un nouveau travail et je ne me rappelais même pas de ce que l’on m’avait expliqué cinq minutes auparavant ! Heureusement, grâce à l’immense patience de mon nouveau patron, en six mois je retrouvai toutes mes facultés de mémorisation.
Avec le recul, ce licenciement et cette amnésie ont été une bénédiction pour moi, car je dus repartir à zéro, tout réapprendre petit à petit, me concentrer pour sortir de mon brouillard et ainsi reprendre confiance en moi-même et en la vie. Ce nouveau travail, m’amena à voyager avec des clients en Italie, avec le président de la société au Rwanda et au Nigeria, et ainsi à faire de belles expériences et des rencontres avec des peuples que je ne connaissais pas.

Ce qui est important, je crois, c’est d’assumer la responsabilité de ce qui nous arrive malgré les éléments extérieurs, aussi pénibles soient-ils. Il y a une force de vie qui, inconsciemment, nous pousse à avancer parfois au-delà de notre zone de confort. Pour illustrer cela, voici ce qui m’est arrivé quelques années plus tard.

L’envie d’évoluer me poussa à changer d’entreprise. Malheureusement, après neuf mois de travail acharné… on me licencia à nouveau ! Je décidai alors de faire un break et de partir quelques mois aux États-Unis pour parfaire mon anglais. Là-bas, je pris conscience que je n’avais aucune envie de passer ma vie à faire du secrétariat.

Je rentrai et trouvai un travail dans le domaine de la vente en informatique. Sans expérience, j’acceptai de renoncer à mon salaire fixe, je me formai toute seule, travaillant beaucoup et gagnant très peu d’argent. Déterminée à m’en sortir, je devins spécialiste des logiciels que je distribuais. Un jour je fus exceptionnellement amenée à donner un cours d’informatique. Moi qui m’étais formée sur le tas, je devais donner un cours de traitement de texte à des vendeurs. Grand défi supplémentaire, s’ils sortaient contents, nous allions pouvoir signer un contrat de distribution important avec leur société. Que d’heures passées pour préparer ce cours ! Ils quittèrent la formation extrêmement satisfaits. J’étais aux anges et je me découvris des talents cachés d’enseignante !
Deux ans plus tard, je fondai ma propre société de formation en micro-informatique. Grâce à tout le travail de communication fait en amont lorsque j’étais dans la vente, le succès fut rapide. Oss Training devint une des écoles les des plus réputées de la place pendant plus de dix ans.

Vous me direz que j’ai eu de la chance… Je répondrai : pas seulement ! Il faut aussi la provoquer, la chercher, la manifester.

Tout d’abord pour changer il est nécessaire de prendre conscience de là où nous en sommes. Ma détermination à ne pas rester secrétaire toute ma vie a révélé une force intérieure qui m’a poussée à agir. Cette force, je crois que nous l’avons tous, il faut juste avoir une motivation suffisamment importante pour qu’elle serve de levier afin de nous mettre en action. Ensuite, ce que je considère comme essentiel, c’est de rester dans l’ouverture, de faire confiance en l’univers, d’être à l’affût des signes de la vie et à l’écoute de sa petite voix intérieure.

Pour moi, cette petite voix s’est manifestée quelques fois, elle est subtile, discrète et n’impose rien. C’est à moi de la reconnaître et d’oser prendre des risques. Oui, elle me pousse au-delà de la raison, elle me pousse au-delà de ma zone de confort. J’ai l’impression qu’elle est un peu folle, qu’elle me pousse au-delà de mes croyances, me forçant à les remettre en question. C’est parfois difficile de la suivre, car je ne sais pas où elle va me mener, je dois juste lui faire confiance, c’est tout. Je dois avoir foi en elle et me mettre en action. Puis… elle me laisse faire.

Le plus difficile, je crois, c’est de vaincre la peur de faire le mauvais choix, car notre mental, qui veut nous garder en sécurité, va essayer de faire grand bruit pour couvrir et brouiller la petite voix. Si nous nous focalisons trop sur ce qui peut arriver de négatif, cela annihile le positif et sape la confiance en soi. La peur de se tromper nous prend en otages et nous paralyse parfois. Nos parents, nos professeurs, notre culture nous ont conditionnés à être parfaits, nous étions punis quand nous faillions. Tout cela n’aide pas à oser tenter de nouvelles expériences, à sortir des sentiers battus. On devrait plutôt nous encourager à apprendre de nos erreurs et prendre pour devise celle de Nelson Mandela, qui disait: « Je ne perds jamais… je gagne ou j’apprends ! »

Laissons-nous guider par notre âme, car, de toute façon, quand nous ne sommes pas en alignement avec notre destinée, si nous avons pris une voie détournée, la vie nous recadre en mettant un obstacle sur notre route pour nous faire reprendre le bon cap.

Une fois défini le but que nous désirons atteindre, il faut ensuite déterminer ce que sera la première étape et nous mettre en mouvement. C’est le moment de rassembler toutes nos qualités, toutes nos ressources et notre bonne volonté pour avancer sur le chemin choisi, sachant que les embûches seront là pour nous pousser à nous dépasser encore un peu plus. Faire le point régulièrement et ne pas désespérer si le chemin semble plus long que prévu. Garder la foi malgré les épreuves et continuer à avancer. Il est vraiment important de rester ouvert, prêt à saisir les occasions qui se présentent, même si elles semblent parfois bizarres. Il n’y a jamais de hasard, mais beaucoup de synchronicités. Quand j’ai été amenée à exceptionnellement donner un cours d’informatique, je ne savais pas que cela allait changer ma vie pour le meilleur.

Enfin, il y a huit ans, alors que tout allait bien dans mon existence, à la lecture d’un livre, je fus attirée par un séminaire pour apprendre à libérer les blocages émotionnels et physiques. Je pensais naïvement que c’était pour aider les gens de mon entourage, mais, à ma grande surprise, je dus admettre ô combien d’émotions j’avais refoulées au plus profond de moi.

Ma petite voix intérieure me communiquait qu’il était temps d’aller à la rencontre de la partie authentique de mon être qui avait besoin d’attention. Elle avait besoin que je me reconnecte à elle, que je la reconnaisse, que je la libère des entraves du passé. Certains événements dans notre vie laissent des traces sur divers plans, engrangent des mémoires cellulaires. Nous croyons avoir passé l’éponge dessus, mais elles sont seulement enfouies dans notre inconscient et ne sont pas nettoyées. Le travail consiste vraiment à faire la paix, à pardonner sincèrement du fond du cœur et à se libérer des fausses croyances héritées du passé. Ce beau travail m’a permis de découvrir qui je suis, de sortir du moule et d’exprimer simplement ma vérité, ma joie, ma lumière intérieure en toute liberté!

Et ma petite voix m’a poussée encore une fois à changer de carrière, à devenir thérapeute holistique et à aider les personnes désireuses de se libérer aussi des émotions et des comportements qui les freinent et les empêchent de vivre la vie à laquelle elles aspirent. J’encourage et j’accompagne chacun à lâcher les peurs, les saboteurs silencieux, les vieux schémas limitatifs, le stress ; à sortir des états dépressifs, du burn-out, de la procrastination et de toute difficulté émotionnelle indésirable.

Oui, changer, c’est possible, ça donne des ailes et c’est à la portée de tous sur n’importe quel plan. Tout commence par une idée, par une intention. Puis il faut trouver le moyen de la réaliser, ce qui n’est pas toujours simple. Ne pas abandonner si ça ne marche pas du premier coup, il faut avoir de la patience, de la persévérance, trouver le pourquoi du comment si cela n’a pas encore marché, recommencer, modifier, réessayer avec enthousiasme jusqu’à satisfaction.

Pour avancer plus vite, c’est utile de se faire aider. C’est une chose que je regrette de ne pas avoir fait plus souvent. J’ai « galéré » afin de  m’en sortir par moi-même. Après coup, j’ai réalisé que les choses auraient pu être plus simples.

J’aimerais dire encore quelques mots sur la détermination, car elle est très importante. Lorsque nous mettons en action un changement, nous passons étonnamment souvent par une phase pire que la situation initiale. Nous risquons alors de vouloir faire volte-face et de retourner en arrière puisque le résultat est plus douloureux que la situation de départ. C’est là qu’il ne faut pas lâcher et être déterminés à continuer vers son propre but. C’est une des clés importantes qui nous mènent à la réalisation attendue !

Un autre clé majeure, c’est l’enthousiasme et le plaisir. Prendre du plaisir à faire ce que l’on a à faire rend les choses plus simples et plus légères. L’enthousiasme est un moteur fabuleux, il encense la vie et la rend plus belle, c’est comme un soleil intérieur. Car, en finalité, ce qui compte, c’est le chemin qui nous mène à notre but.

Ce que je constate parfois et qui me désole c’est le fatalisme dans lequel certaines personnes vivent. Elles sont malheureuses, se positionnent en victime et ne parviennent pas à agir pour changer. Elles sont comme des hamsters tournant dans la roue de leur cage, avec l’impression que la vie s’acharne contre elles. Elles ne se rendent pas compte que, dans l’existence, tout dépend de comment nous nous représentons les choses. Une rencontre, un coup de pouce, un déclic … peuvent permettre de réaliser que nous avons toujours le choix de subir ou de changer. Nous sommes en effet tous co-créateurs de ce qui nous arrive. Changer le sens que l’on donne à sa vie peut tout changer dans celle-ci.

Changer nos pensées, remettre en question nos croyances et avoir le courage de changer les choses qui ne vont pas dans notre vie est également source de santé. Bruce Lipton, chercheur en neurosciences, après moultes expériences sur les cellules, a dit « Le moment où vous changez votre perception, c’est celui où vous récrivez la biochimie dans votre corps ! 

Alors, qu’attendons-nous pour changer ce qui ne va pas dans notre vie… OUI, CHANGER, C’EST POSSIBLE ! Oui, ouvrons-nous au champ des possibilités et des opportunités, et accueillons le meilleur dans notre vie ! 

 

Mirella Oss-Buck - février 2016


Si rien ne changeait jamais ... il n'y aurait pas de papillons!